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Les photos exposées  dans ce site  sont interdites à la reproduction sans l’accord  de Me Lienhard ,avocat de notre collectif .

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Les particularités d’un deuil  lors d’un drame collectif

  Marie-Frédérique Bacqué  13 avril 2008

Mes recommandations   

Face au deuil collectif, je propose un suivi individuel et un suivi collectif. Le suivi individuel concerne le deuil individuel et toutes les particularités de la relation affective antérieure. Pourquoi un suivi psychologique ? Parce qu’il s’agit d’une mort traumatique et que de nombreuses conditions sont réunies pour entraîner des complications du deuil.

-La question du corps du défunt (non retrouvé ou très abimé),

-La question du lieu du décès (difficile d’accès),

-La question du cumul des deuils (force de l’aléas, perte d’identité, rupture de la famille, perte du sens de sa place dans le monde),

-La violence et l’injustice de la mort,

-Le procès qui ralentit considérablement le travail de deuil jusqu’au jugement final (souvent insatisfaisant).

 

Tous ces éléments sont des difficultés majeures qui empêchent le déroulement normal du deuil. Le soutien psychologique collectif est un apport certain dans ces conditions : il permet d’identifier tous ces phénomènes sur soi et sur les autres. Il permet de se sentir suffisamment contenu par le groupe et les thérapeutes, pour retrouver l’estime de soi et la confiance dans le monde. Il accompagne le travail du deuil progressif qui va se mettre en place. Mais attention, dans le groupe, on traitera plutôt le deuil collectif. Le deuil individuel se fait ailleurs : seul et aussi avec sa famille.

 

 

 

 

Les deuils collectifs après une catastrophe aérienne

Les accidents d’avion, comme la plupart des autres catastrophes collectives donnent lieu à des conséquences psychiques particulières. Outre les conditions  de la mort qui sont violentes, inattendues, sans espoir, la mort d’un groupe a des effets conséquents en termes psychiques et sociaux.

Effet du nombre des victimes

La perte d’un être cher donne le sentiment d’un grand vide. Le monde n’est plus intéressant puisque l’être aimé n’en fait plus partie. Lorsque l’être cher, les êtres chers disparaissent avec d’autres personnes, cette impression de « vide » du monde est encore plus intense. La fragilité de la vie, l’absence de ressource face au destin imparable de l’accident, le manque de sens du nombre de disparus augmente l’idée de victimisation, c’est-à-dire d’être sans action, passif face aux événements de sa vie. Le cumul des morts entraîne un cumul des deuils. Mais ces deuils sont différents : autant le deuil de l’être cher entraîne le bien connu travail conscient et inconscient de recherche des souvenirs  et de confrontation de ces souvenirs, projets, à la dure réalité de l’absence définitive. Autant les deuils des autres défunts sont difficiles à cerner : ces morts n’existent parfois que par leur nom, une photo, ce que leurs proches racontent d’eux. Ces éléments ne forment pas des « souvenirs » a priori pour la personne qui a perdu un ou plusieurs proches, mais ils s’enchâssent dans le deuil sous une forme fantasmatique. C’est d’un point de vue imaginaire que ces autres deuils bloquent le travail de deuil des parents ou conjoints défunts.

Effet de la confusion des identités

Le deuil collectif laisse plus de place aux fantasmes : comment être sûr de l’identité des victimes (malgré tous les examens les plus sophistiqués) ? Le deuil collectif rend plus délicate la question des identifications imaginaires. Ainsi, le fait que le procès traite de l’ensemble des victimes donne une désagréable impression de fusionnement, dans lequel on ne retrouve pas les siens. La mort du groupe contredit le fantasme narcissique d’unicité, d’originalité, tant désiré pour le mort que l’on souhaite encore préserver, protéger pour la dernière fois.

Effet de la perte d’un groupe

La perte d’un groupe augmente l’impression d’anéantissement. C’est parfois une génération qui meurt, des représentants particuliers d’une ethnie ou d’une micro-culture. Ces morts signent la rupture ou la fin d’un épisode familial. Après leur mort, l’histoire bascule dans un autre temps.

Le bouleversement de « la place dans le monde »

La confiance en l’avenir, la projection que chacun a de son « être au monde », de sa place dans le monde est un effet bien connu des morts traumatiques.  

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Classe sécurité ?

Journal de Saint Barth 6 juillet 2006 Pierrette Guiraute

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Biographie de

Madame Bacqué

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 Lorsque la mort est violente, injuste ou collective, elle modifie cette indicible impression d’avoir une place dans son époque et sa société. Le monde n’est plus « accueillant », l’on n’est plus naïf, candide face à l’idée que l’on se faisait de la Nature et de l’humanité. Ces effets augmentent le pessimisme, l’humeur sombre et parfois aussi le cynisme face à la vie.